Les italiennes du Rétromobile 2012

Quel spectacle !! Comme chaque année, le Parc des Expositions de la porte de Versailles accueille de véritables merveilles de l’industrie automobile d’hier, de quoi admirer des modèles, ou plutôt des joyaux aussi rares qu’inestimables, mais aussi l’occasion de souffler les bougies d’anniversaire de certaines d’entre-elle.

A croire que chaque année, le cru du Rétromobile est meilleur que celui de l’année précédente. En tout cas, le ton est donné dès l’entrée dans le hall d’exposition avec, non pas une, mais bien deux Ferrari 250 GTO, qui pour nous, représente le summum du mythe de l’automobile italienne !

50 ans déjà et pourtant, même pas une ride sur ses courbes sensuelles et ce profil fastback dessinés par Sergio Scaglietti. Le Rétromobile rend hommage à l’œuvre de l’Ingeniere qui n’a été produite qu’à seulement 39 exemplaires, toutes différentes l’une de l’autre. L’histoire de Ferrari est intimement liée à cette 250 GTO, première création du Cavallino Rampante a arboré fièrement le sigle mythique GTO (Gran Turismo Omologato), qui était, et est toujours aujourd’hui avec 599 GTO, synonyme de GT destinées à venir taquiner les chronos !

Sous ce long capot se cache la noblesse du V12 de 3 litres de Colombo qui a fait la renommée de Ferrari. Trois des 39 Ferrari 250 GTO sont motorisés par le V12 de 4 litres. Quel regret que nous ne puissions pas entendre cette mélodie si caractéristique …

Le Rétromobile ne fait que commencer et nous en avons déjà plein les yeux !

Faisons une petite halte pour nous remettre de nos émotions (si cela est possible) sur le stand « Sport&Collection : 500 Ferrari contre le cancer » qui expose une superbe 365 Daytona GTB/4 groupe IV de 1974 ayant participée 2 fois au Mans, et l’unique Ferrari 712 Can Am de 1971 ayant été conçu à partir de la 512M pour participer à la saison Can Am (courses sprint) aux USA. Avec 750ch, il s’agit de l’une des barquettes les plus puissantes de chez Ferrari. Elle a été piloté par Jean-Pierre Jarier ou encore Mario Andretti. Cette année, la 18ème édition Sport & Collection 500 Ferrari contre le cancer se tiendra les 1, 2 et 3 juin sur le circuit du Val de Vienne et mettra à l’honneur les 50 ans de la 250 GTO et de la 250 GT Lusso. Vingt-cinq F40 seront présentent pour célébrer les 25 ans de cette sportive si prestigieuse. Cet évènement qui uni passion, et solidarité a permis de récolter un don de 300.000€ destiné aux chercheurs du pôle cancérologie du CHU de Poitiers, soit un cumul de 2.300.000€ depuis la première édition.

Toujours chez Ferrari, à noter que le négociant britannique Fiskens est venue à Paris avec entre autre 2 Ferrari : la 275 GTB/6C de 1965 et la rarissime 206 SP Dino de 1967 !

Quittons le cheval cabré pour un autre stand qui fête comme il le doit, pas un, ni deux, ni trois, mais quatre anniversaires !

Lancia et le rallye, une histoire qui a marqué à toujours ce sport automobile car aujourd’hui encore, la marque italienne est celle qui détient le nombre de record de titre en championnat du monde. Il y a tout juste 40 ans, en 1962, la Lancia Fulvia Coupé 1600 HF Groupe 4, exposée aujourd’hui sur le stand Lancia Heritage, remportait le premier des 11 titres mondiaux glané par Lancia et la victoire au Rallye de Monte-Carlo avec Sandro Munari à son volant. Pour la petite histoire, signalons que Sandro Munari coure en ce moment au Monte-Carlo historique sur une Fulvia 1600 HF issue du Reporto Corse Lancia et appartenant à la Collection Historique Lancia (Turin).

Comme vous allez le voir, les années en « 2 » sont symboliques pour Lancia. Il y a donc 1962, avec les 40 ans du premier titre mondial en rallye – 1992, avec les 20 ans du dernier titre en WRC avec la Delta Interal HF – 1982, avec les 30 ans de la Lancia Rally 037 – mais aussi 1922, avec les 90 ans de la Lancia Lambda !

Innovante Lancia Lambda qui selon beaucoup, est considérée comme le véritable premier chef d’œuvre de Vincenzo Lancia. Cette voiture née à l’automne 1922 révolutionna à toujours la conception l’automobile par ces idées novatrices et ingénieuses de l’époque : première voiture au monde à adopter la coque autoporteuse (brevet Lancia), à avoir un radiateur circulaire, à disposer de  suspensions avant semi-indépendante, à bénéficier d’une hauteur de caisse réduite en logeant astucieusement l’arbre de transmission dans le tunnel et non plus sous le plancher, à jouir d’un coffre à bagages intégré à la carrosserie. D’un point de vue mécanique, son moteur V4 de 2,5 litres de cylindrée était tout aussi innovant en adoptant un V étroit à seulement 13°06’ qui faisait preuve d’une souplesse et d’une puissance remarquable pour l’époque.

La Lambda exposée sur le stand Lancia Heritage est d’origine française et carrossée par Zagato. Il s’agit d’une Lambda Spider 8ème série de 1929 (il y a eu 9 séries de Lamdba), unique survivante des 4 Lambda ayant courues les Mille Miglia de 1929. Pilotée par Strazza, elle termina 4ème au classement générale et première de sa catégrorie (moins de 3 litres de cyl). Ne pensez pas que son propriétaire, Monsieur Callay, la garde uniquement pour l’exposer de salon en musée – bien au contraire, les parisiens pourront la retrouver très fréquemment dans les rues de la capitale lors des virées de Vincennes en Anciennes, ou même lors des Mille Miglia historique !

Pour terminer notre excursion Lancia, revenons sur la jeune trentenaire 037 Rally de la Scuderia Lancia Martini Racing exposée sur le stand des Youngtimer au côté de la Beta Montecarlo. La Lancia 037 Rally est apparue pour la première fois au Tour de Corse 1982. Il s’agit de la dernière voiture deux roues motrices à avoir décroché le titre de championne de rallye. Bien que simple propulsion, elle a réussi à remporter en 1983 le titre constructeur aux mains de Walter Röhrl et Markku Alén en s’imposant face aux Audi Quattro !

A l’occasion, pour montrer à quel point les années finissant en « 2 » sont importantes pour Lancia, signalons aussi les 40 ans de la Lancia β, première voiture de l’ère Lancia après le rachat par Fiat en 1969.

Mais bien d’autres italiennes sont aussi sous les projecteurs du salon du Rétromobile, et comme les images valent parfois mieux qu’un long discours … place aux photos :

Pour finir cet excellent Rétromobile 2012, il est essentiel de vous signaler que la Ferrari 250 GT California 1958, ayant appartenu à Roger Vadim, s’est vendue aux enchères à 4,5 millions d’euros … mais le rêve n’a pas de prix !

1 Commentaire

  1. Stripped dit :

    Très belles photos, chouette reportage :)

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