MultiAir : est-ce le bon choix ?

Le salon de Francfort symbolise la rupture avec les carburants fossiles : nombreux concept-car électrique sont prêt pour un avenir très proche (dès 2010-2011). Du coté du groupe Fiat, il n’y a aucun concept-car électrique, mais uniquement le fameux MultiAir. Fiat pari (pour le moment) sur l’optimisation de nos bons vieux moteurs à combustion, est-ce le bon choix ?
Parmi les 25 plus grands constructeurs automobile, Fiat est de nouveau, pour la 3ème année consécutive, celui qui possède le parc de voiture qui émette le moins de CO2. En passant de 137g/km en 2007 à seulement 129g/km en 2009, Fiat arrive sous la fameuse barre des 130g/km, qui est la réglementation en vigueur (émissions annuelles moyennes des constructeurs : 120gCO2/km d’ici 2015 et 95gCO2/km d’ici 2020). Ce chiffre bien évidemment très encourageant, est aussi à relativiser. Fiat est un constructeur généraliste qui vend essentiellement des modèles citadins, donc plus économique / écologique.
Le monde évolue et chacun a prit conscience que l’automobile de demain devra être propre. L’écologie n’est plus uniquement une façon de penser, mais un devoir pour chaque citoyen. Tous les constructeurs automobile ont présentés pour le salon automobile de Francfort (IAA 2009), des solutions pour préserver notre planète : d’un coté on peut noter l’absence des véhicules fonctionnant aux agrocarburants (flex-fuel E100, superéthanol E85, Diester) et pas de grandes nouveautés pour les véhicules à pile à combustible (PAC) ; et de l’autre coté la généralisation des modèles hybrides (combinaison d’une motorisation thermique essence ou diesel et d’une motorisation électrique ou hydrogène), et surtout l’arrivée en masse des véhicules 100% électriques (VE).
Nombreux sont les constructeurs qui ont proposé des véhicules 100% électriques sur ce salon. Le développement de ces véhicules s’inscrit dans un contexte favorable de lutte contre le changement climatique et des émissions de gaz à effet de serre. L’urbanisation croissante des villes, les performances des batteries lithium-ion (rapport poids/compacité/puissance), et les nouvelles réglementations sur les émissions annuelles moyennes des constructeurs redonnent de la crédibilité aux véhicules 100% électrique.
Les constructeurs qui ont pariés sur le VE sont Renault avec 4 concept-car qui seront commercialisées entre 2011 et 2013, Peugeot avec la I-On (en partenariat avec Mitsubishi) et la BB1 (concept citadin de 4 places entre la moto et la voiture), Mini avec sa Mini E de 204ch (240km d’autonomie), Volswagen et sa e-Up (petite citadine de 100ch / 100km d’autonomie), la Smart FortwoEd, Audi e-Tron qui est un concept-car très puissant (313ch / 248km d’autonomie) possédant 4 moteurs-roues, Mercedes et sa Classe B F-Cell (136ch / 385 km d’autonomie).
Le développement du VE est une véritable avancée pour les constructeurs automobile. Le rendement du moteur électrique est largement supérieur que celui du moteur thermique et n’émet aucun polluant ou rejet de CO2. Il faut pourtant relativiser et prendre en compte le bilan global du moteur électrique. La production de l’électricité, nécessaire pour faire fonctionner ces moteurs électriques provient de centrale nucléaire, voire même de centrale thermique (charbon, pétrole) et là le bilan est bien plus négatif que celui soutenue par les constructeurs. Le VE possède un avenir, c’est sûr, et surement celui des citadines !
Mais alors ou se trouve Fiat, constructeur par excellence des citadines ?
Pour le moment, Fiat fait le pari de l’optimisation des motorisations à combustions, et plus particulièrement des motorisations essence. Le groupe italien joue solo à Francfort. Fiat est l’un des seuls grands constructeurs à ne pas avoir présenté de véhicules hybrides (à part GPL) ou électriques. Fiat joue la carte du MultiAir et du downsizing. Inutile de vous représenter ce système ingénieux qui révolutionne le moteur essence. Honda, dans les années 80 l’avait déjà pas mal révolutionné en sortant le système VTEC (technologie qui permet aux soupapes d’un moteur de posséder un double mode de fonctionnement). Ce système a été repris et amélioré par tous les constructeurs (VVTi chez Toyota, Vanos chez BMW, Variocam chez Porsche …). Mais ce n’était sans compter sur le motoriste de renom, Fiat Powertrain Technologie (ayant inventé le moteur diesel à injection directe), qui aujourd’hui sort le MultiAir qui répond déjà aux normes Euro6.
Voilà de quoi projeter d’ici 2011-2012 des véhicules Fiat Multiair hybride. Mais en ce qui concerne les véhicules 100% électrique, rien ne semble est prévu du coté du Lingotto. Qu’en pensez-vous ?
Une véritable bataille vers les véhicules écolo est lancée. Tous les constructeurs sont sur les starting-blocks, et chacun d’eux ont opté pour une solution en particulier. Fiat sera-t-il toujours leader des constructeurs les moins polluants d’ici 2 ans ?






22 Commentaires
SI un topolino consomme 3,5 l/100 en cycle combiné avec le bicylindre multiair stop and go et que sa version hybride 2 l/100 , la différence de prix du véhicule sera dur a compenser sur les factures d’essence non?
Non, il n’est pas besoin de couvrir la planète de centrales électriques pour alimenter les VE : 15% de la capacité actuelle de production de la France suffirait à alimenter tous les VE s’ils remplaçaient dès demain tous les véhicules particuliers à combustion interne. Quelques réponses et évaluations ici :
http://www.electron-economy.org/article-36222565.html
Et même si cette électricité était produite avec du pétrole, le bilan global serait tout de même meilleur que brûler du carburant dans un moteur dans la voiture, même si ce moteur n’est là que pour produire l’électricité du VE et prolonger l’autonomie des batteries. Car une centrale est bien plus efficace pour transformer l’énergie du pétrole ou même du charbon en électricité, plus facile à dépolluer, et qu’il n’y a que très peu de perte ensuite via le réseau électrique, la batterie puis le moteur électrique de la voiture.
Et comme on a fait d’énormes progrès pour rendre de plus en plus efficaces les moteurs à explosion, on va en faire également pour produire de l’électricité verte (solaire, éolien, biomasse…) afin de moins en moins dépendre du pétrole, du charbon (Chine, USA…) ou du nucléaire (France…). Ce ne sera sans doute pas 100%, mais les gisements sont énormes et constamment renouvellés.
En ce qui concerne le lithium, si les réserves ne sont pas illimitées, elles sont importantes, et l’avantage par rapport au pétrole, c’est qu’il est recyclable ! Ce qui limite la pollution indirecte des VE. Rappelons-nous que les huiles, filtres et autres consommables des véhicules à pétrole ne sont pas anodins, ni les rejets de NOx, CO, particules et autres polluants atmospériques, sans parler du CO2.
Et dans les laboratoires, on étudie d’autres technologies avec d’autres matériaux, ce qui permettra dans quelques années d’avoir plusieurs cordes à notre arc pour stocker l’énergie électrique.
Reste évidemment l’autonomie et le coût des batteries. Et effectivement, c’est une forte contrainte de ne pas pouvoir utiliser le même véhicule tous les jours pour aller au boulot et plusieurs fois par an pour aller en vacances, visiter sa famille lointaine ou autre…
Mais le progrès est en marche et d’ici 10-15 ans nous aurons des batteries qui permettront de doubler voire tripler l’autonomie, et d’arriver à quelque chose d’équivalent à ce que l’on a actuellement avec un véhicule essence.
En parlant d’autonomie, il faut savoir que les propriétaires de scooters et de motos se débrouillent bien avec des autonomies dépassant rarement les 250 km. Ce n’est pas ça le plus gênant.
Reste le temps de charge qui pénalise la solution électrique. Là aussi de nouvelles technologies permettront d’améliorer les choses. Et pour répondre à la question soulevée de l’urgence, vu l’autonomie des VE qui arrivent, les batteries ne seront pas déchargées tous les soirs, et il est possible de faire des charges partielle rapides. Ne peut-il pas aussi arriver que le réservoir soit presque vide pour un véhicule classique ?
Toujours est-il qu’il faut bien pouvoir charger les batteries si on fait de longues distances. D’où l’idée de remplacer entièrement le pack de batterie en stations rapides et automatisées. C’est sûr, il faut, pour que cela marche, arriver à harmoniser l’implantation des batteries et mettre en place une infrastructure. Mais c’est bien ce qui a été fait pour le pétrole non ? Il a bien fallu mettre en place le réseau des stations, harmoniser le système de remplissage, organiser l’alimentation des stations service… Alors pourquoi pas ?
Pour ce qui concerne le coût, les constructeurs envisagent de ne pas faire payer les batteries, mais de les louer. Certains s’orientent même vers un système de forfait batterie-énergie en fonction d’un volume de kilomètres annuel, avec plein inclus dans le forfait jusqu’au kilométrage du contrat et paiement des dépassement. Cela permet de budgéter le coût d’usage.
Evidemment, c’est aussi une conception un peu différente de l’utilisation de l’objet voiture.
Cette solution de location permet de fortement réduire le coût d’achat de la voiture électrique. Il pourrait même être inférieur à celui d’un véhicule classique du fait de la moindre complexité de construction d’un VE. P
our ce qui est de l’électronique de bord indispensable à un VE, n’oublions pas que les véhicules actuels n’ont rien à leur envier.
Autre avantage du VE, des frais d’entretien réduits à leur plus simple expression : pneus, essuie-glaces, ampoules ! Pas de vidange, de filtres en tous genres, de bougies, etc… Et avec un système de freinage à récupération d’énergie bien conçu, les plaquettes de frein devrait faire la vie du véhicule.
N’oublions pas que l’objectif est de beaucoup moins polluer et de ne plus rejeter de gazs à effet de serre.
Il y a des contraintes, il ne faut pas les nier.
Pour les atténuer, les hybrides peuvent être une solution intermédiaire, notamment les hybrides série type chevrolet Volt, qui sont beaucoup plus efficaces en terme d’optimisation de l’énergie contenue dans le carburant.
Je ne suis pas un militant du VE, mais j’y vois des avantages indéniables : peu de bruit (à bord mais aussi dans la rue), et pas de rejets polluants (pour la planète et pour nos poumons lorsque nous sommes piétons ou cyclistes).
Il y a certes des inconvénients, mais ils sont surmontables, et seront réduits voire anihilés avec le temps.
L’important c’est que l’offre soit adaptée et à coût raisonnable, et c’est possible. Et avec le volume de production croissant, je ne doute pas que ce type de solution se démocratisera et sera même à terme moins chère qu’un véhicule essence ou diesel.
Et pour conclure, pour en revenir à l’article sur le multi-air de Fiat : c’est toujours bon à prendre, notamment si cette technologie est associée à l’hybridation. Car si le VE sera sûrement le véhicule roi à l’avenir, nous en avons pour encore quelques années à faire la transition.